Lexique : la prise de références

Aaah. La prise de références. Un bon début, il y a à dire.

Tout d’abord un peu de légal, parce que après tout, c’est ce qu’il y a de vraiment important.

La loi est très claire sur le sujet : pas de prise de références sans consentement explicite. D’ailleurs, la loi va plus loin : toute technique de recrutement utilisée pour traiter votre candidature doit vous être communiquée au préalable. Donc pas d’analyse graphologique ou autre test technique sans que cela vous soit explicitement dit avant.

Sauf que la réalité, pour une personne qui cherche un emploi, est bien plus compliquée. On sait à peu près tous que pour la plèbe, les fins de contrat sont souvent… délicates. Mettons de côté l’absence de parachutes dorés et autres packages de sortie réservés à l’élite corporate que nous ne sommes pas, et attaquons le gras : si l’on a fait une rupture conventionnelle ou qu’on s’est arrangés pour se faire virer, c’est qu’il y avait probablement une raison derrière, vu qu’on est pas des feignasses et qu’on demande qu’à bosser, à un moment. Oui, je n’ai pas envisagé la démission parce que démissionner, ça se fait pas dans le vent, l’absence de chômage tout ça…

giphy

Quand un collègue me dit « J’ai démissionné ».

En bref : personne n’a envie de donner ces foutues références à part au pays des Bisounours, et certains managers m’ont confié ne pas supporter de recevoir des appels à ce sujet. Et comme le dit bien le blog de l’APEC :

 

« les prises de références sont régulièrement effectuées par les recruteurs. Parfois redoutées par les candidats, elles constituent une étape systématique du processus de recrutement pour les cabinets ou les agences de travail temporaire. »

La Loi : Vous devez demander l’autorisation
Les recruteurs : On fait ça systématiquement.
Les chercheurs d’emploi : On préfèrerait éviter que nos boss futurs et passés communiquent si possible.

Je vais prendre mon exemple, puisque si j’en parle, c’est que j’y ai mis un peu les pieds.
Je suis syndicalisé et je ne le cache pas plus que les raisons pour lesquelles je le suis. J’ai, à plusieurs reprises, dû procéder à des bras de fer d’intensité variable avec mes employeurs pour les convaincre d’accepter une rupture conventionnelle qu’ils refusaient par pure fierté la plupart du temps. Et j’en passer et des meilleures.
Donc, logiquement, je n’ai aucune envie qu’un recruteur appelle mes anciens employeurs.
D’ailleurs, je ne me vois pas demander à une entreprise une liste d’anciens employés à contacter pour prise de références.
Le but avancé de la prise de références est de vérifier la véracité des informations avancées par le candidat. Mais quelque part, en tant que candidat, pourquoi est ce que je n’ai pas un droit équivalent ? Si j’ai affaire à un patron qui a été condamné par les prud’hommes, je veux le savoir, et je veux savoir pourquoi.
Personnellement je ne travaillle pas pour des personnes qui ne rentrent pas dans mon cadre moral, et me rendre compte de cela après l’embauche me mettrait dans un dilemme que je résoudrai probablement par une fin de période d’essai.

L’article du blog de l’APEC essaye de relativiser la chose, d’expliquer que malgré la tentation, mentir ou déguiser des informations n’est pas une bonne chose. Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation : si je cherchais encore aujourd’hui avec mon « vrai » CV, je ne trouverai pas de boulot. Et je n’ai aucune garantie que les personnes que j’ai côtoyé par le passé ont été honnêtes avec moi, ou pire, le seront avec le recruteur.

Donc forcément, en entretien, je déforme. Et quand on me demande des références, je sors toujours un peu les mêmes (désolé pour cette personne, j’espère sincèrement qu’il n’est pas trop harcelé), qui étaient pas forcément mes responsables direct, mais sur qui je sais que je peux compter.
C’est pervers : quelque chose que l’on a le plein droit de refuser devient une quasi obligation, puisque la refuser serait s’avouer coupable d’être un mauvais escl… employé. Par conséquent, le choix est soit de s’y soumettre en contrôlant un maximum les informations qui pourraient en découler, soit de refuser de s’y soumettre en acceptant la probable sanction.

Et on en est qu’à l’entretien… Et on va en reparler des entretiens…

PS : Pour en revenir à l’équité employeur/employé dans ce fait, j’ai volontairement évité le sujet des sites de notation d’employeur. Le sujet me paraît suffisamment vaste pour un article complet, notamment en faisant l’historique de feu NoteTonEntreprise qui est assez révélateur de ce que les employeurs pensent de la prise de référence lorsqu’on la leur applique. Comme dit ma môman : « Ils aiment pas quand on joue avec les mêmes règles qu’eux ».

Sources :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006900848&cidTexte=LEGITEXT000006072050
https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006900847&cidTexte=LEGITEXT000006072050
http://blog-experts.cadres.apec.fr/2015/01/19/recrutement-faut-il-avoir-peur-des-prises-de-references/
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About Da Dead Phoenix

Immortel décédé. Vous avez la chance d'être vivants pour la plupart, alors forcément, je vous en veux un peu. Après avoir posé mes serres sur Twitter, je regarde quelles genres de conneries je peux balancer sur un blog, et à quel point cela n’intéresse personne. Disclaimer : je me réserve le droit de faire ce que je veux de cet espace ainsi que de ceux qui y pénètrent. C'est chez wam. Essuyez vous les pieds avant de rentrer, et lavez vous la bouche avant de repartir.

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